Ginkgo biloba : 7 bienfaits prouvés et dosage
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Plantes & Santé · septembre 4, 2026

Ginkgo biloba : bienfaits, dosage et précautions

Feuilles de ginkgo biloba en éventail sur fond ardoise

Le ginkgo biloba est l’une des plantes médicinales les plus étudiées au monde, et son succès ne se dément pas au Maroc où il est de plus en plus recherché pour soutenir la mémoire, la concentration et la circulation sanguine. Issu d’un arbre considéré comme un véritable fossile vivant, cet extrait de feuilles occupe aujourd’hui une place à part dans la phytothérapie moderne : il fait l’objet de plusieurs centaines de publications scientifiques et figure parmi les compléments alimentaires les plus vendus en pharmacie et en herboristerie.

Infusion de feuilles de ginkgo biloba

Que dit réellement la recherche sur ses vertus ? Quels sont ses principes actifs, à quelle dose faut-il le consommer, et surtout, dans quels cas doit-on l’éviter ? Ce guide complet fait le point, de façon factuelle et sans promesses excessives.

Qu’est-ce que le ginkgo biloba ?

Le Ginkgo biloba L. est un arbre de la famille des Ginkgoacées, seule espèce survivante d’un groupe botanique apparu il y a plus de 200 millions d’années. C’est pour cette raison qu’on le surnomme couramment « fossile vivant » ou « arbre aux quarante écus ». Originaire de Chine, il est aujourd’hui planté un peu partout dans le monde, y compris comme arbre d’ornement dans les allées urbaines, car il tolère remarquablement bien la pollution.

Ses feuilles sont immédiatement reconnaissables : en forme d’éventail, elles présentent une échancrure centrale qui les divise en deux lobes — d’où le nom d’espèce biloba. Ce sont ces feuilles, et non les graines, qui sont récoltées puis transformées en extrait sec normalisé pour un usage en phytothérapie.

Il faut ici insister sur un point souvent négligé : la feuille brute et l’extrait normalisé ne sont pas équivalents. Les préparations utilisées dans les essais cliniques sont des extraits concentrés et purifiés, obtenus par un procédé qui élimine notamment les acides ginkgoliques, des composés potentiellement allergisants. Une simple tisane de feuilles séchées n’offre donc ni la même concentration en actifs, ni le même profil de sécurité.

Composition et principes actifs

L’extrait de référence, connu sous le code EGb 761, est celui qui a servi de base à la grande majorité des études. Il est normalisé selon deux familles de molécules complémentaires :

  • Les flavonoïdes (22 à 27 %), exprimés en hétérosides de flavone : quercétine, kaempférol, isorhamnétine. Ce sont de puissants antioxydants qui contribuent à limiter le stress oxydatif cellulaire.
  • Les lactones terpéniques (5 à 7 %), réparties entre les ginkgolides A, B et C (2,8 à 3,4 %) et le bilobalide (2,6 à 3,2 %). Ces molécules sont propres au ginkgo et n’existent dans aucune autre plante.
  • Les acides ginkgoliques, limités à moins de 5 ppm dans les extraits de qualité pharmaceutique, précisément parce qu’ils sont irritants et allergisants à forte dose.

Les ginkgolides sont particulièrement étudiés pour leur action sur le facteur d’activation plaquettaire (PAF), un médiateur impliqué dans l’agrégation des plaquettes sanguines. C’est cette propriété qui explique à la fois l’intérêt du ginkgo pour la microcirculation et les précautions d’emploi que nous détaillons plus bas.

Les bienfaits du ginkgo biloba

Les usages traditionnels et les données cliniques disponibles convergent principalement autour de la sphère cognitive et circulatoire. Voici les domaines les mieux documentés.

1. Mémoire et fonctions cognitives

C’est l’indication historique de la plante. L’extrait de feuilles est traditionnellement utilisé pour soutenir la mémoire de travail, l’attention et la vitesse de traitement de l’information, en particulier chez les personnes âgées présentant un déclin cognitif léger. Les résultats des essais cliniques restent hétérogènes selon les protocoles et les populations étudiées, mais les dosages les plus élevés (autour de 240 mg par jour) et les cures prolongées sont ceux qui ont montré les effets les plus constants.

2. Circulation et microcirculation

Le ginkgo est classiquement employé pour favoriser l’irrigation des petits vaisseaux, notamment cérébraux et périphériques. Cette action est attribuée à la combinaison des flavonoïdes vasoprotecteurs et des ginkgolides antiagrégants. En pratique, il est souvent proposé en accompagnement des sensations de jambes lourdes, d’extrémités froides ou de fourmillements liés à une circulation périphérique paresseuse.

3. Acouphènes et vertiges

L’extrait normalisé est employé de longue date en Europe dans la prise en charge des acouphènes et des vertiges d’origine vasculaire ou vestibulaire. Des travaux expérimentaux ont montré une amélioration de la compensation vestibulaire, c’est-à-dire de la capacité du cerveau à se réadapter après un déséquilibre de l’oreille interne. Les données cliniques chez l’humain restent toutefois contrastées, et un avis ORL demeure indispensable devant tout acouphène persistant.

4. Protection antioxydante

La richesse en flavonoïdes confère à l’extrait une activité antioxydante mesurable, capable de neutraliser une partie des radicaux libres. Ce mécanisme sous-tend probablement une bonne part des effets observés sur le tissu nerveux, particulièrement sensible au stress oxydatif en raison de sa forte consommation d’oxygène.

5. Confort visuel

Quelques études de petite taille se sont intéressées à l’effet du ginkgo sur la rétine, notamment dans le cadre de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, avec des dosages de 80 mg deux fois par jour ou de 240 mg par jour. Les effectifs concernés étaient très réduits (quelques dizaines de participants), ce qui ne permet pas de conclure fermement : cette piste reste à confirmer.

Mode d’utilisation et dosage

Le dosage usuel de l’extrait normalisé se situe entre 120 et 240 mg par jour. Deux schémas de prise sont couramment retenus dans la littérature :

  • 40 mg trois fois par jour, au moment des repas ;
  • ou 80 mg deux fois par jour, matin et midi.

Une prise unique quotidienne de 120 mg est également possible avec les formes à libération adaptée. Il est généralement conseillé de commencer par la dose la plus basse pendant une à deux semaines, puis d’augmenter progressivement si nécessaire et si la tolérance est bonne.

Point essentiel : le ginkgo n’agit pas immédiatement. Les effets sur la sphère cognitive et circulatoire s’installent lentement, et une évaluation honnête suppose une cure d’au moins 8 à 12 semaines. Il est prudent de faire des pauses régulières plutôt que d’enchaîner les mois sans interruption.

Concernant la forme, privilégiez un extrait de feuilles normalisé mentionnant explicitement sur l’étiquette les teneurs en flavonoïdes (24 %) et en lactones terpéniques (6 %), ainsi que la limitation en acides ginkgoliques. La tisane de feuilles, si elle reste agréable, ne délivre pas des quantités d’actifs comparables et ne peut pas être considérée comme équivalente.

Précautions et contre-indications

C’est le chapitre le plus important, car le ginkgo est une plante active, et une plante active n’est jamais anodine. Son effet sur l’agrégation plaquettaire impose une réelle vigilance.

Contre-indications :

  • Traitement anticoagulant (warfarine et apparentés) ou antiagrégant plaquettaire, y compris l’aspirine à faible dose ;
  • Troubles de la coagulation connus, hémophilie ;
  • Période péri-opératoire : l’arrêt est recommandé au minimum deux semaines avant une chirurgie programmée, extraction dentaire comprise ;
  • Grossesse et allaitement, par absence de données de sécurité suffisantes ;
  • Épilepsie ou antécédents de convulsions.

Précautions particulières : une surveillance médicale s’impose chez les personnes diabétiques sous insuline, chez celles traitées par antidépresseurs de type ISRS, ainsi qu’en cas d’hypertension artérielle instable, où un usage prolongé peut accentuer palpitations et variations de tension.

Effets indésirables possibles : ils touchent une minorité d’utilisateurs et restent le plus souvent bénins et transitoires — maux de tête en début de cure, nausées, troubles digestifs légers, vertiges passagers. Leur persistance doit conduire à interrompre la prise.

Enfin, ne consommez jamais les graines crues du ginkgo : elles contiennent de la ginkgotoxine et présentent un risque toxique réel. Seules les feuilles sont utilisées en phytothérapie.

Questions fréquentes sur le ginkgo biloba

Au bout de combien de temps le ginkgo fait-il effet ?

Il n’y a pas d’effet immédiat. Les bénéfices éventuels sur la mémoire ou la circulation s’apprécient après plusieurs semaines de prise régulière, généralement 8 à 12 semaines minimum. Juger l’efficacité après quelques jours n’a aucun sens.

Peut-on prendre du ginkgo avec de l’aspirine ?

Non, pas sans avis médical. L’association d’un antiagrégant plaquettaire et du ginkgo majore le risque hémorragique. La même prudence s’applique aux anti-inflammatoires non stéroïdiens pris au long cours.

Matin ou soir : quel est le meilleur moment ?

La prise se fait plutôt le matin et le midi, au cours des repas, afin d’améliorer la tolérance digestive. Certaines personnes rapportent une légère stimulation ; en pratique, mieux vaut éviter une prise tardive en soirée.

En résumé

Le ginkgo biloba est un extrait végétal sérieusement documenté, dont l’intérêt se concentre sur la microcirculation et le soutien des fonctions cognitives. Sa force tient à sa composition unique en ginkgolides et en flavonoïdes ; sa principale limite tient à cette même activité, qui le rend incompatible avec les traitements fluidifiants du sang. Choisissez un extrait normalisé, respectez la fourchette de 120 à 240 mg par jour, inscrivez-vous dans la durée, et parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer, surtout si vous suivez déjà un traitement.

Pour aller plus loin

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer une cure, notamment en cas de traitement en cours, de grossesse ou d’allaitement.

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