Le marrube blanc (Marrubium vulgare), appelé « merriwa », « al maryout » ou encore « ifzi » en berbère, est l’une des plantes médicinales les plus anciennes de la pharmacopée traditionnelle marocaine. Reconnaissable à ses feuilles gaufrées gris-vert et à ses petites fleurs blanches disposées en couronnes, cette plante de la famille des Lamiacées pousse à l’état sauvage dans tout le bassin méditerranéen, y compris au Maroc.

Chez les herboristes marocains, on le recommande depuis des générations contre la toux grasse, les refroidissements et les digestions difficiles. Que dit-on aujourd’hui de ses vertus, comment l’utiliser et quelles précautions respecter ? Voici un guide complet.
Qu’est-ce que le marrube blanc ?
Le marrube blanc est une plante herbacée vivace qui peut atteindre 60 à 80 cm de hauteur. Ses tiges carrées et duveteuses portent des feuilles ovales, ridées et couvertes d’un fin duvet blanchâtre qui lui donne son aspect argenté caractéristique.
Utilisé depuis l’Égypte ancienne contre l’asthme, la bronchite et la toux, il occupe une place de choix dans l’herboristerie du Maroc, où l’on emploie ses parties aériennes séchées en infusion. Son goût très amer est d’ailleurs le signe de sa richesse en principes actifs.
Composition et principes actifs
Le principal composé actif du marrube blanc est la marrubiine, une lactone diterpénique responsable de son amertume et d’une grande partie de ses effets. Elle représente environ 0,5 à 1 % du poids sec des feuilles.
- Marrubiine : principe amer aux propriétés expectorantes et digestives
- Polyphénols et flavonoïdes : action antioxydante
- Acides phénoliques et tanins
- Huile essentielle en faible quantité
- Vitamines C et K, minéraux
Les bienfaits du marrube blanc
Un allié des voies respiratoires
C’est l’usage le plus connu de la plante. Le marrube blanc est traditionnellement employé comme expectorant : il aide à fluidifier les sécrétions bronchiques et facilite leur évacuation en cas de toux grasse, de bronchite ou de refroidissement.
C’est pourquoi on le retrouve dans de nombreux sirops et pastilles pour la gorge, souvent standardisés en marrubiine. Au Maroc, l’infusion de merriwa reste le remède de grand-mère classique des toux hivernales.
Digestion et appétit
Comme beaucoup de plantes amères, le marrube blanc stimule les sécrétions digestives. Il est utilisé traditionnellement pour ouvrir l’appétit, soulager les digestions lentes, réduire les gaz intestinaux et les ballonnements, et lutter contre la constipation légère.
Autres propriétés étudiées
Des travaux de laboratoire ont mis en évidence une activité antioxydante et antimicrobienne des extraits de la plante, ainsi qu’un effet protecteur sur la muqueuse gastrique attribué à la marrubiine. La médecine traditionnelle lui prête aussi des usages contre l’hypertension ou le diabète.
Il faut toutefois rester prudent : les essais cliniques chez l’homme demeurent limités, et ces pistes doivent encore être confirmées par la recherche.
Mode d’utilisation et dosage
La forme la plus courante au Maroc est l’infusion des parties aériennes séchées, vendues chez tous les herboristes sous le nom de merriwa ou al maryout.
- Infusion : 1 à 2 g de plante séchée dans une tasse d’eau bouillante, à laisser infuser 10 minutes, 2 à 3 fois par jour. Une étude clinique a utilisé 1 g en infusion, 3 fois par jour, pendant 21 jours.
- Pastilles ou sirops : souvent standardisés à 0,5 % de marrubiine ; suivre les indications du fabricant.
- Le miel ou quelques feuilles de menthe permettent d’adoucir son amertume prononcée.
Les cures courtes, de deux à trois semaines maximum, sont à privilégier. En l’absence d’amélioration d’une toux après quelques jours, consultez un médecin.
Précautions et contre-indications
Aux doses traditionnelles recommandées, le marrube blanc est généralement bien toléré. Certaines précautions s’imposent néanmoins.
- Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants, faute de données de sécurité suffisantes.
- À éviter en cas de toux sèche ou d’irritation : la plante est destinée aux toux grasses.
- Prudence en cas d’obstruction des voies biliaires ou de calculs, la plante stimulant les sécrétions digestives.
- Ne pas dépasser les doses recommandées : à doses élevées, des troubles du rythme cardiaque ont été rapportés.
- Si vous prenez un traitement contre le diabète ou l’hypertension, demandez conseil à votre médecin avant toute cure.
FAQ sur le marrube blanc
Quel est le nom du marrube blanc en darija marocaine ?
On le trouve chez les herboristes sous les noms de « merriwa » (مريوة) ou « al maryout », et « ifzi » dans certaines régions amazighes. Son nom scientifique est Marrubium vulgare.
Le marrube blanc est-il efficace contre la toux ?
Il est traditionnellement reconnu comme expectorant pour les toux grasses, grâce à la marrubiine qui fluidifie les sécrétions bronchiques. Il ne convient pas aux toux sèches et ne remplace pas un traitement médical si les symptômes persistent.
Peut-on boire l’infusion de merriwa tous les jours ?
Oui, sur une cure courte de deux à trois semaines, à raison de 2 à 3 tasses par jour. Une consommation prolongée ou à fortes doses est déconseillée sans avis d’un professionnel de santé.
Conclusion
Plante amère emblématique de l’herboristerie marocaine, le marrube blanc mérite sa réputation d’allié des bronches et de la digestion. Facile à préparer en infusion et bon marché, il illustre la richesse de la pharmacopée traditionnelle du Maroc. Utilisez-le avec discernement, en respectant les doses et les précautions, et demandez conseil à un professionnel de santé en cas de doute.
Pour aller plus loin
Pour approfondir le sujet, consultez la page Marrube blanc sur Wikipédia. Découvrez aussi nos autres plantes des voies respiratoires : le thym, l’eucalyptus et l’origan.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant toute utilisation de plantes médicinales, en particulier en cas de grossesse, d’allaitement, de maladie chronique ou de traitement en cours.




