Bourrache : 7 bienfaits essentiels, dosage et usage
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Plantes & Santé · septembre 2, 2026

Bourrache (Lissane Tour) : bienfaits, dosage et précautions

Bourrache en fleurs et huile de bourrache sur ardoise

La bourrache (Borago officinalis) est une plante à fleurs bleues en étoile utilisée depuis des siècles dans l’herboristerie méditerranéenne, où on la connaît notamment sous le nom de « lissane tour ». Si ses feuilles et ses fleurs appartiennent à la tradition, c’est aujourd’hui l’huile extraite de ses graines qui intéresse la phytothérapie moderne : elle constitue la source végétale la plus riche connue en acide gamma-linolénique (GLA), un acide gras oméga-6 rare dans l’alimentation courante.

Capsules d'huile de bourrache riches en GLA

Peau, confort féminin, souplesse articulaire : les usages annoncés sont nombreux, mais tous ne reposent pas sur le même niveau de preuve. Ce guide fait le point de façon factuelle sur la composition de la plante, ses bienfaits documentés, les dosages habituellement utilisés et surtout les précautions indispensables, car toutes les parties de la plante ne se valent pas.

Qu’est-ce que la bourrache ?

La bourrache est une plante annuelle de la famille des Boraginacées, originaire du bassin méditerranéen. Elle se reconnaît immédiatement à ses tiges et ses feuilles couvertes de poils rudes, et à ses fleurs bleu vif en forme d’étoile à cinq pointes, très visitées par les abeilles.

Au Maroc, elle pousse spontanément au printemps dans les champs, les terrains vagues et les zones cultivées humides. Les jeunes feuilles ont longtemps été consommées comme légume, tandis que les fleurs et les parties aériennes séchées entraient dans des infusions traditionnelles réputées sudorifiques et dépuratives.

Une distinction est essentielle et conditionne tout le reste de cet article : les parties aériennes (feuilles, tiges, fleurs) et l’huile pressée à froid des graines n’ont ni la même composition, ni le même profil de sécurité. Les compléments alimentaires vendus aujourd’hui reposent presque exclusivement sur l’huile de graines.

Composition et principes actifs

L’huile de graines de bourrache est avant tout un concentré d’acides gras polyinsaturés :

  • Acide gamma-linolénique (GLA) : de 20 à 26 % de l’huile, ce qui en fait la source végétale la plus riche connue en ce composé.
  • Acide linoléique : jusqu’à 38 % environ, un oméga-6 essentiel.
  • Acides oléique et palmitique en proportions plus modestes.
  • Vitamine E, antioxydant naturel qui contribue à protéger l’huile de l’oxydation.

Les parties aériennes présentent un profil très différent : mucilages (à l’origine de l’effet adoucissant traditionnel), tanins, flavonoïdes, sels minéraux et silice. Elles contiennent aussi des alcaloïdes pyrrolizidiniques, des composés potentiellement hépatotoxiques sur lesquels nous revenons plus bas.

Les bienfaits de la bourrache

Une source exceptionnelle d’acide gamma-linolénique

Le GLA est un acide gras que l’organisme fabrique normalement lui-même à partir de l’acide linoléique alimentaire. Cette conversion peut cependant être ralentie par l’âge, le stress, le tabac ou une alimentation déséquilibrée. Apporter directement du GLA, comme le permet l’huile de bourrache, contourne cette étape. Le GLA sert ensuite de précurseur à des médiateurs impliqués dans la régulation de la réponse inflammatoire.

Bourrache et santé de la peau

C’est l’usage le plus populaire. Les acides gras de l’huile participent à la structure du film hydrolipidique et des membranes cellulaires cutanées, ce qui explique son emploi contre la sécheresse, les tiraillements et la perte de souplesse de la peau. Une étude a rapporté une amélioration du nombre de lésions d’acné avec 2 g d’huile de bourrache par jour, apportant 400 mg de GLA, pendant dix semaines.

En revanche, il faut rester honnête sur l’eczéma : une analyse regroupant 27 études a conclu que les huiles de bourrache et d’onagre n’amélioraient pas significativement les symptômes de l’eczéma atopique par rapport à un placebo. La bourrache n’est donc pas un traitement de la dermatite atopique.

Confort féminin et syndrome prémenstruel

L’apport en GLA est traditionnellement conseillé pour accompagner les manifestations du syndrome prémenstruel : tension mammaire, irritabilité, inconfort du bas-ventre. L’hypothèse avancée est celle d’un meilleur équilibre des médiateurs de l’inflammation et d’une bonne fluidité des membranes cellulaires. Les données restent limitées, mais l’usage est répandu et bien toléré.

Souplesse articulaire

Les propriétés anti-inflammatoires attribuées au GLA ont conduit à proposer l’huile de bourrache en accompagnement des gênes articulaires chroniques. Elle est alors envisagée comme un complément d’hygiène de vie, jamais comme un substitut à une prise en charge médicale d’une pathologie inflammatoire articulaire.

Équilibre cardiométabolique

Des travaux ont suggéré qu’un apport en acide gamma-linolénique pouvait contribuer à la baisse du LDL-cholestérol et exercer un effet favorable sur la pression artérielle. Ces pistes sont intéressantes mais demandent confirmation : elles ne justifient en aucun cas d’interrompre un traitement en cours.

Les usages traditionnels des fleurs et des feuilles

Dans l’herboristerie ancienne, l’infusion de fleurs de bourrache était employée comme boisson sudorifique lors des états fébriles et des refroidissements, et comme adoucissant des voies respiratoires grâce à ses mucilages. Cet usage traditionnel est aujourd’hui déconseillé sur la durée en raison des alcaloïdes présents dans les parties aériennes.

Mode d’utilisation et dosage de la bourrache

La forme de référence est l’huile de graines pressée à première pression à froid, en capsules ou en flacon.

  • Par voie orale : les dosages habituellement retenus se situent autour de 1 à 2 g d’huile par jour, soit environ 200 à 400 mg de GLA, à prendre au cours d’un repas pour favoriser l’assimilation des corps gras.
  • Durée : une cure de deux à trois mois est la pratique la plus courante, les effets sur la peau ne s’observant pas avant plusieurs semaines.
  • Par voie cutanée : quelques gouttes d’huile végétale appliquées le soir sur une peau propre, seules ou mélangées à une crème, sur le visage, les mains ou les zones sèches.
  • Conservation : les acides gras polyinsaturés s’oxydent vite. Conservez le flacon à l’abri de la lumière et de la chaleur, et au réfrigérateur après ouverture.

Choisissez de préférence une huile de bourrache vierge, non raffinée, dont le fabricant garantit un contrôle des alcaloïdes pyrrolizidiniques.

Précautions et contre-indications

Le point de vigilance principal concerne les alcaloïdes pyrrolizidiniques, présents dans les feuilles, les tiges et les fleurs. Ces composés sont considérés comme hépatotoxiques et potentiellement cancérigènes en cas d’exposition répétée. Lors de la pression à froid des graines, ils ne sont pratiquement pas extraits : l’huile n’en contient que des traces, ce qui explique que ce soit la forme privilégiée.

  • Évitez les infusions prolongées de parties aériennes ; réservez-les à un usage très ponctuel, voire abstenez-vous.
  • Grossesse et allaitement : la bourrache est déconseillée.
  • Troubles hépatiques : contre-indiquée en cas de maladie du foie.
  • Traitements anticoagulants ou antiagrégants : demandez un avis médical avant toute cure.
  • Épilepsie ou traitements abaissant le seuil épileptogène : la prudence est de mise avec les huiles riches en GLA.
  • Chirurgie programmée : interrompez la supplémentation quelques jours avant l’intervention.
  • Réservez la plante aux adultes et respectez les doses indiquées par le fabricant.

Aux doses usuelles, l’huile est généralement bien tolérée ; de légers troubles digestifs, des nausées ou des maux de tête sont occasionnellement rapportés.

FAQ sur la bourrache

Quelle différence entre bourrache et onagre ?

Les deux huiles apportent du GLA, mais l’huile de bourrache en est nettement plus concentrée (20 à 26 %) que l’huile d’onagre. À dose de GLA équivalente, il faut donc moins d’huile de bourrache. Les deux sont souvent associées dans les compléments destinés à la peau et au confort féminin.

Au bout de combien de temps voit-on les effets ?

Les acides gras doivent d’abord être intégrés aux membranes cellulaires. Comptez généralement de quatre à huit semaines de prise régulière avant d’évaluer un changement sur la qualité de la peau, l’étude citée plus haut ayant porté sur dix semaines.

Peut-on prendre de la bourrache tous les jours ?

L’huile de graines se prend quotidiennement pendant la durée d’une cure, puis il est raisonnable de faire une pause. Les infusions de parties aériennes, elles, ne doivent pas être consommées quotidiennement sur le long terme.

Ce qu’il faut retenir

La bourrache est une plante à deux visages : une tradition herboristique ancienne autour de ses fleurs, et un complément moderne bien identifié autour de l’huile de ses graines, championne végétale de l’acide gamma-linolénique. Pour la peau, le confort féminin et la souplesse articulaire, c’est cette huile, vierge et bien conservée, qu’il faut privilégier, à raison de 1 à 2 g par jour sur une cure de deux à trois mois. Restez à l’écart des infusions prolongées de feuilles, et demandez conseil à un professionnel de santé en cas de grossesse, de traitement en cours ou d’antécédent hépatique.

Pour aller plus loin

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de débuter toute cure, en particulier en cas de grossesse, d’allaitement, de maladie chronique ou de traitement en cours.

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